Je dois me poser un instant, fermer les yeux pour l'éternité. Puis repartir comme avant, faire des pas dans l'obscurité. Tout se concrétisera enfin. Je serai à la fois sage et vaniteuse. Le regard pleins de larme je tracerai ma route, j'irai là où le sol pourra me supporter. Je brulerai des cierges pour me protéger. Me protéger de moi-même. Je ne crains pas l'enfer, je suis le diable en personne. Je marche encore et toujours, brûlée et tentée par l'avarice qui me gate. Mes entrailles sont en putréfaction, je m'évanouirai au pied de ma tombe. Je la creuserai d'abord avec mes os puis avec ce qu'il me restera de mes dents. L'eau du ciel purifiera mes doigts, mes yeux et mes cheveux, le reste restera sale à tout jamais. Je n'ai jamais autant souffert qu'aujourd'hui, chaque battement de coeur est comme une lame de rasoir mal désinfectée. Je marche encore et toujours, plus rien ne peut m'atteindre à présent. Pas d'adieu qui tiennent, je préfère te voir pleurer plutôt que devoir poser mes lèvres sur les tiennes. Je serai une battante même si je sais pafaitement qu'une simple goutte de sang peut m'anéantir. L'impasse file devant moi, intouchable et indolore, je la sens pourtant au bout de mes doigts mal lavés qu'elle vient tout juste de déchiqueter. Faible je suis, faible je le resterai. Je ne marche plus, le temps a eu raison de moi. Mes genoux n'ont plus la force de supporter mon corps délabré, je ne sais plus où sont mes yeux. Qu'ai-je fais pour en arriver là, ce reflet couché sur l'eau qui me transcende ne peut m'appartenir, je ne le reconnais point. J'en vomis d'excitement et de dégout, de chagrin certainement pas. J'ai perdu ma raison, mon corps et mon temps. J'en ai tiré la leçon, au fond de ma gorge avec acharnement et rage. Je ne recommencerai plus, vaille que vaille je ne marcherai plus. Je suis maudite et si Dieu le veut, je le resterai au fond de mon tombeau. Les excuses m'arrachent la langue comme tu le fais si bien, ça ne te suffit pas, et bien cherche plus profondément. N'oublie pas ma faiblesse, je suis à toi à présent, je ne saurai me débattre, sans mon âme c'est impossible. Tu me l'as prise et l'as mise sous verre, qu'attends-tu pour faire de moi ce que tu voudras?